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Maintenir une bonne alimentation pendant le traitement du cancer du poumon

Par Nicole Erickson, M.Sc, diététicienne diplômée d'État

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Comment le cancer affecte-t-il le corps d’un point de vue nutritionnel?

Comme les soins médicaux des patients atteints d’un cancer du poumon s’améliorent continuellement, les patients sont traités avec des méthodes améliorées et potentiellement curatives. Cependant, l’impact de la maladie elle-même et les effets secondaires du traitement liés à la nutrition peuvent toujours contribuer à une perte de poids involontaire, à des changements d’appétit et/ou de la fonction digestive.

Pourquoi les patients atteints d’un cancer du poumon doivent-ils se préoccuper de leur alimentation?

Le cancer du poumon et son traitement sont connus pour interférer de manière significative avec l’appétit et l’apport énergétique1,2. Les besoins énergétiques peuvent augmenter, mais l’apport alimentaire peut diminuer. Il est également possible que la préparation des aliments et les changements de la consommation deviennent un fardeau en raison du manque d’énergie3. Un simple manque d’appétit ou d’autres facteurs, comme l’essoufflement, peuvent rendre la consommation de nourriture difficile, même si vous avez envie de manger. Cela vous expose à un risque accru de malnutrition. La malnutrition est définie comme une perte de poids indésirable de 5 % ou plus au cours des 3 derniers mois4. Pour une personne qui pèse 80 kilos, cela signifie qu’une perte de 4 kilos peut avoir un impact non seulement sur votre état nutritionnel, mais également sur votre capacité à combattre la maladie elle-même et à tolérer le traitement. Sans une alimentation adéquate, votre système immunitaire ne peut pas fonctionner de manière optimale, votre force et votre fonction musculaires peuvent diminuer, et la fréquence ainsi que la gravité des complications peuvent être accrues1,5,6. Il est donc capital de maintenir votre poids et d’éviter de perdre du poids involontairement entre le moment du diagnostic et le moment où votre traitement est terminé et vos effets indésirables se sont résolus.

Qu’est-ce qu’un(e) diététicien(-ne) et comment peut-il/elle aider une personne atteinte de cancer à planifier des repas nutritifs?

Les diététiciens sont des professionnels de santé diplômés et légalement reconnus, spécialement formés pour évaluer, diagnostiquer et traiter les problèmes de nutrition. Les diététiciens doivent effectuer un nombre prédéfini d’heures de pratique clinique et réussir un examen national de certification. Cela permet de garantir qu’ils sont en mesure d’aider les personnes à faire des choix alimentaires appropriés pour leur état de santé et leur état nutritionnel actuels. Les diététiciens spécialisés dans les soins aux personnes atteintes de cancer peuvent fournir des conseils pratiques et sûrs, basés sur les preuves scientifiques actuelles et sont particulièrement qualifiés pour optimiser l’apport alimentaire des adultes et des enfants atteints de cancer.

Il y a beaucoup d’informations sur Internet sur ce qu’il faut manger en cas de cancer - mais ces informations n’ont pas toutes été étayées par des études pour s’assurer que ces conseils sont sûrs ou même efficaces. Pour cette raison, il est particulièrement important de travailler en étroite collaboration avec votre médecin, votre infirmier/ère et un(e) diététicien(-ne) lorsqu’il s’agit de prendre soin de votre corps, car ils peuvent vous donner des conseils spécifiques à votre cancer et à votre traitement. Vous ne devez pas apporter de modifications importantes à votre alimentation, à vos médicaments ou à votre programme d’exercice avant d’en parler d’abord avec votre équipe soignante.

À quel moment une personne atteinte de cancer devrait-elle contacter un(e) diététicien(-ne)?

Vous pouvez consulter un(e) diététicien(-ne) à tout moment. En fait, travailler avec un(e) diététicien(-ne) tôt après votre diagnostic peut aider à préparer votre corps à tout changement que le traitement, le cancer ou les effets secondaires pourraient avoir, et vous rendre aussi fort(e) et en bonne santé que possible.

De plus, vous voudrez peut-être demander à votre médecin de vous orienter vers un(e) diététicien(-ne) professionnel(-le) si vous avez des questions ou des préoccupations concernant la nutrition, si vous souhaitez suivre des conseils diététiques spécifiques, si vous envisagez de prendre tout type de compléments nutritionnels ou si vous rencontrez des problèmes pour avaler et/ou digérer les aliments, ou encore si vous avez subi une perte de poids involontaire.

Comment une personne atteinte de cancer peut-elle contacter un(e) diététicien(-ne)?

Les diététiciens travaillent au sein des systèmes de soins de santé. Les patients atteints de cancer peuvent habituellement être orientés par un médecin généraliste ou un autre type de médecin ou de professionnel de santé. Vous pouvez également contacter directement l’équipe de nutrition et de diététique de votre hôpital local, ou rechercher un(e) diététicien(-ne) qui exerce dans le privé - mais dans ce cas, assurez-vous que sa qualification est adéquate.

À quoi dois-je m’attendre lorsque je consulte un(e) diététicien(-ne)?

Le/la diététicien(-ne) vous posera des questions concernant votre alimentation et vos antécédents médicaux, vos méthodes de traitement et vos médicaments actuels, votre taille et votre poids, ainsi que votre historique de poids, vos allergies, les problèmes sociaux et environnementaux qui pourraient avoir un impact sur votre apport nutritionnel et il/elle vous posera également des questions sur vos symptômes liés à la nutrition. Il/Elle vous fournira ensuite des conseils nutritionnels adaptés à vos besoins actuels et pourra concevoir un programme de repas et/ou vous encourager à tenir un journal de vos symptômes ou des aliments que vous consommez.


  1. Kiss N. Lung Cancer (Auckl) 2016; 7:1–9.
  2. Seo Y et al.. Nutr Cancer 2019; 1 –10.
  3. Beach P et al. Oncol Nurs Forum 2001; 28(6): 1027 –1031.
  4. Cederholm T et al. Clin Nutr 2015 ;34(3): 335 –340.
  5. Arrieta O, et al. Oncologist 2015; 20(8): 967 –974.
  6. Alifano M et al. PLoS One 2014; 9(9): e106914.